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Deepfakes : devenez un acteur virtuel pour des escroqueries ?

Des offres d'emploi alléchantes fleurissent sur Telegram : devenez un modèle pour intelligence artificielle et gagnez jusqu'à 50 000 € par an. Mais derrière ces promesses se cache un engrenage criminel.

Le marché noir des visages numériques s’emballe

Le marché noir des visages numériques s’emballe

Une enquête de Wired révèle une réalité troublante : des réseaux organisés recrutent des personnes pour créer des modèles de visages utilisés dans des escroqueries par deepfake. Ces dernières, qui utilisent l'intelligence artificielle pour superposer des visages sur des vidéos, sont devenues un outil redoutable pour les arnaqueurs.

Le phénomène s'intensifie, avec des annonces proposant jusqu'à 100 à 150 appels vidéo par jour. L’objectif ? Recréer des profils romantiques, des faux amis, pour manipuler leurs victimes et leur soutirer de l’argent ou des données personnelles. La cible principale ? Les escroqueries sentimentales, où les fraudeurs feignent un intérêt amoureux pour établir une relation de confiance.

Selon Hieu Minh Ngo, expert en cybercriminalité chez ChongLuaDao, les plateformes de messagerie comme Telegram sont le terrain de jeu idéal pour ces offres d’emploi. La Turquie, la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie sont particulièrement touchées, mais les réseaux s'étendent à d'autres pays asiatiques.

Les exigences sont strictes : les candidats doivent fournir des photos quotidiennes, passer des heures en visioconférence et créer des messages audio et vidéo. Le réalisme est primordial, les peluches sont interdites, mais les filtres sont autorisés, à condition de garantir un rendu crédible. Et le planning ? Des horaires atypiques, avec seulement quatre jours et demi de repos par mois, sont souvent proposés.

Les recruteurs demandent également des informations personnelles détaillées : CV, expérience en cryptomonnaies, état civil, et même le statut vaccinal. L’ambiguïté est délibérée : les annonces ne mentionnent pas toujours explicitement le caractère frauduleux du travail, mais regorgent de signaux d'alerte, comme la maîtrise de plusieurs langues.

50 000 € de compensation ont été accordés à une employée en Espagne pour avoir été contrainte de faire des apparitions avec reconnaissance faciale. La pression est forte, les heures sont longues, et les risques, considérables.

Cette course à la création de visages virtuels soulève des questions éthiques majeures. La frontière entre réalité et fiction s'estompe, ouvrant la voie à une nouvelle forme de criminalité. Et l'illusion est de plus en plus parfaite.

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