Intelligence artificielle : le spectre des années 2000 revient ?
Il y a 26 ans, l'effondrement des «dot-com» avait brisé une bulle spéculative. Aujourd'hui, l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle soulève les mêmes questions : une nouvelle bulle est-elle en train de se former ?
Le 1er mars 2026, date anniversaire de cet événement majeur, on observe une convergence troublante entre les deux époques. Des investissements massifs, des ambitions démesurées, et une frénésie qui rappelle celle qui avait animé les marchés en 1997, lorsque le simple fait de posséder un nom de domaine en .com suffisait à attirer des capitaux.
Les géants de la tech, moteurs d'une nouvelle course
Des figures comme Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Mark Zuckerberg (Meta) sont au cœur de cette révolution. Altman, dont le ChatGPT a captivé plus d'un million d'utilisateurs en cinq jours, et Amodei, fervent défenseur de la sécurité de l'IA, s'affrontent désormais, notamment sur les questions de collaboration avec le Pentagone. Zuckerberg, lui, mise massivement sur les lunettes connectées à l'IA, un pari coûteux pour maintenir la position de Meta dans la course.
L'histoire de Zuckerberg, qui avait abandonné ses études de sciences informatiques à Harvard pour fonder Facebook en 2004, illustre cette ambition dévorante. Sa décision de rediriger les efforts de Meta vers l'IA, avec des investissements considérables, témoigne de la conviction que cette Technologie est le futur.
Sécurité et contrôle : un point de friction majeur
Si Altman privilégie la croissance rapide, Amodei insiste sur la nécessité d'une approche prudente. Son départ d'OpenAI en 2020, motivé par des désaccords sur les priorités de l'entreprise en matière de sécurité, souligne cette divergence. Anthropic, la startup qu'il a fondée en 2021, se positionne comme un concurrent direct d'OpenAI, en misant sur le développement d'un modèle d'IA plus sûr et plus contrôlable. Un choix qui lui vaut le soutien d'acteurs comme Amazon, Salesforce et Alphabet.
Le contraste est frappant avec le soutien dont bénéficie OpenAI, notamment de Softbank et de Thrive Capital, le fonds du gendre de Donald Trump, ainsi que de plusieurs fonds souverains du Moyen-Orient.
L'enjeu est clair : le contrôle de cette Technologie transforme les enjeux économiques, géopolitiques, mais aussi éthiques. Et la question de la sécurité de l'IA, autrefois reléguée au second plan, est désormais au centre des préoccupations.
Alors que les premières applications de l'IA se démocratisent à une vitesse vertigineuse, il est clair que cette nouvelle vague technologique représente un défi majeur pour nos sociétés. La course à l'intelligence artificielle ne fait que commencer.