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Silicon valley en quieuvre : un pionnier alerte sur le vide algorithmique

Le microprocesseur, omniprésent aujourd'hui dans nos smartphones, nos voitures, et même nos appareils électroménagers, est né d’une vision. Federico Faggin, figure emblématique de la Silicon Valley, observe désormais avec une pointe d’inquiétude la direction que prend cette industrie.

De l’innovation à la manipulation : un regret profond

Après plus de cinquante années passées aux États-Unis, l’ingénieur italien, physicien et père du 4004, le premier microprocesseur commercial, a fait le choix de retourner à Vicenza, sa ville natale. Un retour motivé par une déception face à l’évolution du pôle technologique qu’il a contribué à bâtir. « Aujourd’hui, le logiciel est utilisé pour tromper les gens », affirme-t-il avec une lucidité implacable à Corriere della Sera. Il ne nie pas les mérites du logiciel, mais critique le modèle économique qui a pris le dessus.

Dans les années 1970, la Silicon Valley était un terreau fertile, un lieu où la simple idée pouvait être transformée en réalité. « Là-bas, la réponse à une idée n’était pas toujours un ‘non’, mais un ‘comment faire’ », explique Faggin. Ce modèle, centré sur la création de matériel concret et la résolution de problèmes techniques, a disparu, remplacé par une obsession pour les données et la manipulation comportementale.

Le héritage d’un innovateur

Le héritage d’un innovateur

L’importance de Federico Faggin est indéniable. Il a non seulement contribué à la naissance de l’informatique personnelle avec des puces comme l’8008 et l’8080, mais il a également été reconnu par Bill Gates, qui l’a qualifié de « pilier essentiel de la Silicon Valley ». En 2010, il a reçu la Médaille nationale américaine pour la science et la Technologie, une consécration de son œuvre. Il faut toutefois souligner que sa carrière a été marquée par des luttes pour la reconnaissance, notamment au sujet de la paternité de son invention.

Vers une intelligence artificielle éthique

Vers une intelligence artificielle éthique

Aujourd’hui, Faggin se consacre à une nouvelle bataille : la défense du libre arbitre. Depuis 2008, il étudie les questions liées à la conscience humaine, à l’intelligence artificielle et aux risques potentiels de cette dernière. Il s’inquiète du fait qu’elle puisse être utilisée pour influencer nos décisions, façonner nos opinions et renforcer le pouvoir des entreprises et des gouvernements. Il plaide donc pour une éthique qui ne se réduise pas à un simple algorithme. Il est impliqué dans P49, une entreprise basée à Padoue, qui développe une intelligence artificielle axée sur l’humain.

Le prochain défi, loin des ambitions de fabrication de puces toujours plus puissantes, est de s’assurer que la Technologie ne décide pas de notre destin. Un avertissement urgent, venant d’un architecte du numérique, sur le point de redéfinir les limites de notre liberté.