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Torvalds : l'ia, un enjeu de sécurité et une source de frustration

Le créateur de Linux, Linus Torvalds, continue de dénoncer l'omniprésence de l'intelligence artificielle dans le développement logiciel, exprimant une méfiance palpable qui dépasse largement les déclarations optimistes de nombreuses entreprises.

Une surveillance rigoureuse, mais pas d'adoption

Lors du Open Source Summit North America, Torvalds a souligné que, bien qu'il reconnaisse l'influence croissante de l'IA dans le processus de correction de code, il reste profondément critique quant à ses fondements. Il a clairement indiqué qu'il intensifierait sa vigilance, prêt à adopter des mesures plus strictes face aux corrections introduites par ces outils.

« Plusieurs de ces corrections triviales sont, en réalité, le résultat de la révision du code par l'IA », a-t-il déclaré, suggérant un risque d'introduction de bugs ou de simplifications excessives. Il a exprimé une aversion particulière pour les projets où l'IA est impliquée dans la majeure partie de la création du code, se déclarant « énervé » par l'idée que 99% d’un projet soient générés par des agents d’IA.

Il a notamment dénoncé l'idée que le code fermé, malgré ses promesses de sécurité, soit en réalité plus vulnérable que le code ouvert, expliquant que l'IA peut désormais contourner les protections du code fermé pour identifier les failles, sans que les développeurs n'aient conscience du danger.

La collaboration, une nécessité

La collaboration, une nécessité

Torvalds insiste sur la nécessité d'une collaboration continue, soulignant que la communauté open source doit rester proactive pour anticiper les menaces liées à l'IA. Il a également rappelé que toute découverte de vulnérabilité doit être rendue publique, car « si vous l'avez trouvé, 100 autres personnes l'ont probablement fait ». Il a condamné avec véhémence l'idée de se détourner du code ouvert, estimant que l'IA pourrait facilement révéler des vulnérabilités cachées dans le code fermé, sans pouvoir les corriger.

Un ami proche, Dirk Hohndel de Verizon, a confirmé son accord avec Torvalds, saluant l'importance du travail humain face à l'automatisation. « Comme mainteneur de haut niveau, je ne programme pas beaucoup. Mon travail consiste à travailler avec des personnes, et je n’utilise pas l’IA pour cela. Merci, mais non », a-t-il déclaré avec fermeté. Cette aversion pour l'IA est loin d'être nouvelle, et Torvalds la manifeste avec une force constante.